Le design UX au WAQ 2016

Il y a un mois avait lieu la sixième édition du Web à Québec (WAQ), évènement à ne pas manquer dans la sphère du numérique. Chaque année, le WAQ est l’occasion de prendre le pouls de l’industrie et de voir les grandes tendances qui se dessinent devant nous. Et Dieu sait que les enjeux évoluent rapidement et que nous devons sans cesse changer nos perceptions!

Si plusieurs conférences ont pris cette année des tournures futuristes, avec des démonstrations d’objets connectés, de marketing personnalisé et de médias sociaux (oui, il y a encore quelque chose à en dire!), nous nous concentrerons ici sur ce que le WAQ avait à signaler quant au design d’expérience (UX) et d’interface (UI) utilisateur. Du même coup, nous pousserons plus loin notre réflexion sur l’avenir du design Web.

Se réinventer et marquer un trait avec le passé

Dans sa conférence «Nouveau UI : Le design d’interface au-delà de l’écran», Tony Aubé, designer chez Osmo à San Francisco, se questionne sur l’avenir possible du métier de designer «dans un monde où, à un extrême, l’écran devient une expérience parfaitement immersive, et à l’autre extrême, l’interface graphique disparaît entièrement?» Il en conclut qu’un renouveau est nécessaire, comme dans cet extrait où il s’adresse directement au designer :

«Déconnectez-vous de Photoshop… Essayez d’avoir une vue plus globale du métier de designer pour voir vers où cela peut se transformer et posez-vous la question quand vous créez des interfaces : est-ce que je suis en train de créer une interface parce que je suis un designer d’interfaces ou alors je fais une interface parce que c’est la meilleure solution pour le client?»

Tony Aubé fait également le constat qu’avec l’évolution des technologies, la prochaine évolution du métier de designer tend vers la collaboration. Le designer devra s’entourer d’experts, tels que des psychologues, des linguistes, des architectes et des neurologues afin de mieux cerner l’expérience utilisateur.

Comment la psychologie vient-elle répondre au design UX?

La réponse à cette question fut donnée par Carine Lallemand lors de son atelier sur le design émotionnel. Elle y avance que les concepteurs doivent non pas orienter le design uniquement sur les tâches et fonctionnalités, mais aussi voir les interactions comme un moyen «d’épanouir des besoins psychologiques». Pour clarifier cette notion, nous avons utilisé lors de l’atelier la méthode des UX Cards telle qu’illustrée ci-dessous.

La méthode va comme suit : à l’étape du brainstorming d’un projet, il est recommandé de choisir de 1 à 3 cartes pertinentes à ce projet. Combiné aux 12 catégories suivantes, l’outil devient un moteur très inspirant pour sortir autant d’idées que possible.

Exemple d’une question qui peut en résulter : «Comment le design visuel peut-il soutenir l'épanouissement du besoin relationnel et développer le sentiment d’appartenance?»

Un exercice fort intéressant à faire et à refaire!

C’est l’expérience qui doit être mémorable, et non le design.

Ce titre, tiré de la présentation du spécialiste du design UX Raphaël Yharrassarry, nous amène à revoir notre vision du design. M. Yharrassarry constate que bien souvent, les entreprises qu’il conseille demandent d'emblée de l’innovation et ont en tête des concepts d’interfaces très sophistiqués, pouvant prendre des allures de science-fiction.

Il rappelle que dans les faits, ce que nous devrions toujours rechercher pour un produit ou un service est l’une ou l’autre de ces caractéristiques :

- Il est facile à apprendre.
- Il est efficace et demande peu d'efforts.
- Il est facile à mémoriser.
- Il y a peu d’erreurs.
- Subjectivement, il est agréable à utiliser.

Or, ces objectifs ont beaucoup plus de chances de réussite avec un concept qui est épuré. Faisant référence à la loi de Hick, M. Yharrassarry explique que plus nous soumettons de choix à l’utilisateur, plus ce dernier met du temps à exécuter une tâche, et au final, il ne considérera pas tous les choix.

Un concept épuré est toutefois moins simple à réaliser qu’il n’y paraît. Une citation du conférencier que nous trouvons très juste en ce sens : «Le design UX, c’est un métier ingrat, plus on travaille, plus c’est propre, moins ça se voit!»

Les designers devraient-ils s’inquiéter, ou est-ce au contraire pour eux une superbe opportunité à saisir?

The best interface is no interface...

Par ailleurs, alors que l’on prône la conception d’interfaces épurées, on voit l’émergence d’interfaces où le design est quasi inexistant. Des systèmes comme Magic et Operator sont des exemples de services avec assistance sans interface graphique, utilisant la technologie des SMS, intuitive et connue du grand public.

Selon toute vraisemblance, et selon le témoignage de plusieurs experts invités au WAQ, la technologie des SMS (et par le fait même sa célèbre interface «sans interface») serait en pleine explosion dans la sphère numérique. Plus d’interface, donc, mais plutôt une expérience homme-machine enrichie par la stratégie de communication, la rapidité du système ainsi qu’un worflow intuitif.

Sylvain Martel, de Facebook, souligne ainsi la part grandissante de l’utilisation de Messenger dans le service à la clientèle des commerces en ligne, cet outil permettant de faciliter la relation avec les clients et de connaître ceux-ci plus intimement grâce à leur compte Facebook.

Même discours lors de la conférence de Raff Paquin, membre fondateur et ex-chef des technologies de Frank & Oak, portant sur le commerce électronique dans lequel on valorise l’importance du numéro de téléphone de l’usager comme valeur unique et universelle.

Nicolas Chapuis, de l’Ambassade de France, affirme quant à lui que les courriels sont en réelle voie de disparition chez les jeunes Français de moins de 20 ans, ce qui soulève notamment chez nous les questions suivantes : Comment repenser l’infolettre? Quel avenir pour les communications B2B?

À suivre…

Disparition ou apogée du design?

Terminons avec une donnée optimiste: en 2015, LinkedIn donnait le classement des compétences les plus recherchées, où l’on retrouvait, en 10e position, User-Interface Design. Cela nous laisse croire que le métier de designer est sans aucun doute toujours en excellente posture. Les participants du WAQ ont d'ailleurs eu droit à une démonstration très enthousiaste de ce point de vue avec la conférence de Mike Monteiro, qui clamait haut et fort que nous avons atteint l’âge d’or du design!

Pourquoi s’inquiéter du métier de designer dans ce cas? Il semblerait que nous en ayons besoin plus que jamais. Ne reste plus qu'à l'arrimer aux technologies qui émergent continuellement et à continuer de prouver la pertinence d'un travail de qualité dans une industrie qui propose de plus en plus de solutions génériques de type self-service. 

Réflexion sur l’avenir du Web

À la lueur de toutes ces informations, nous sommes d’avis qu’il est plus que jamais important de savoir s’entourer pour la conception de son site Web et pour la gestion de sa présence numérique. Alors qu’auparavant, un site Web constituait un moyen de communication parmi tant d’autres, il est aujourd’hui aussi sinon plus important que l’adresse physique d’un commerçant.

Au centre de ce travail de conception, l’expérience utilisateur et l’expérience d’interface; le design, la psychologie, l’intuition. Il y aura toujours des données complexes qu’il faudra schématiser et vulgariser pour les rendre accessibles au grand public (pensons d’ailleurs au big data). Il prévaut de considérer attentivement tous ces éléments pour obtenir un résultat de qualité qui vous permettra d’atteindre vos objectifs.

Et c’est là que nous intervenons! Il est de notre tâche, chez Acolyte, de demeurer à l’affût des réalités du marché. Nos stratèges Web se penchent régulièrement sur les problématiques de la sphère numérique afin d’y adapter nos pratiques.

Notre rôle est de travailler à édifier une équipe multidisciplinaire et compétente et de bien conseiller nos clients. À notre avis, cette proximité et cette confiance n’ont pas de prix!

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